> Extrait

Euphorion, Hippomédon majeur, 40 Cusset/Acosta-Hughes.

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Sources

PSI 1390

Date du texte cité

IIIe siècle av. J.-C.

Texte (version originale)

ὕ̣μν̣ο[ν ....]φ̣[..].[..]ο μεγακλέος Ἱπ[πομέδοντος

γα̣ίης παρθενι̣κ̣αὶ Λ[ι]βηθρίδες ἐντύ[νεσθε,

Πόλ]τυος ὡ̣ς Αἴν[ο]υ τε Γερωνιάδαο π̣[ολίχνη

[ ]ρ.[...]δηισιν ἀνάρσ[ι]ο̣ν

[ ]ν..· πρὸ δέ μιν Θ̣ρηι[κ

[ ].ησδε θανὼν ..[

[ ]ενταπι.ν πε̣τ̣ραι.[

[ ]ε μετὰ πρυλέεσσιν.[

[ ]ποδας ἐπάλυνε̣ κ̣ο̣[νίη

[ ].ν ἕθεν μέτα λεξα̣[

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Traduction

C’est un hymne […] (en l’honneur) du très illustre Hippomédon que vous avez composé, ô vierges de la terre libéthrienne, car de Poltys et d’Ainos le Géroniade la petite cité (?)

… ennemi

… ; auparavant, lui, … Thrace

… étant mort …

… Perrhèbe …

… avec l’infanterie

… la poussière recouvrait les pieds

… avec lequel …

… … … … … … … … … … … … … … … … …

Source de la traduction

édition Cusset/Acosta-Hughes

Paraphrase/Commentaire sur le texte

Dans le papyrus de Florence, cet « hymne » fait suite immédiatement au Thrace, dans un ordre qui est donc alphabétique. Le titre est donné comme tel au poème sur le papyrus qui nous livre ensuite des bribes des dix premiers vers ; il suppose un Hippomédon (mineur) différent. Le fragment a été publié par V. Bartoletti, Papiri Greci e Latini, vol. XIV, n° 1390, C, col. II, vv. 27-37 (p. 55), Florence, 1957. La nature poétique du texte est caractérisée dès son ouverture. Le terme hymnos s’emploie en principe pour les dieux ; pour les hommes, on préfère le terme enkomion : cf. l’ouverture de l’Idylle XVII de Théocrite qui joue de cette distribution à propos de l’éloge de Ptolémée. Le présent poème, en dépit de cette inscription dans la catégorie de l’hymne et non de l’éloge, a dû être composé pour célébrer Hippomédon ou la ville dont il est originaire. L’identification du destinataire de l’éloge n’est pas vraiment possible. On peut penser qu’Euphorion s’adresse à un personnage contemporain ; si l’Hippomédon mineur traite avec vraisemblance d’Hippomédon de Sparte, il est possible que le présent personnage puisse être identifié avec Hippomédon d’Epidamne dont un fragment de Théodore de Samothrace (dans Photius, Bibl., 153) dit qu’il fut amoureux d’un jeune garçon qu’il tua après avoir été repoussé par lui et qu’ensuite il se suicida. Mais cette mésaventure érotique peut-elle vraiment faire l’objet d’un hymne? Un militaire au service de Ptolémée Evergète comme Hippomédon de Sparte serait sans doute plus à sa place dans un tel poème.

Leibèthres est une région montagneuse de la Thrace (voir la mention de la Thrace au vers 5), où Orphée a séjourné et serait enterré (Arg. orph., 50 sqq. ; Pausanias, 9, 30, 9) ; mais il y a aussi une montagne homonyme en Béotie (Strabon, 9, 2, 25) qui est un séjour des Muses auxquelles le poète s’adresse peut-être ici. Euphorion a pu faire une association entre les différents toponymes homonymes. Poltys est un roi de Thrace, fils de Poséidon et frère de Sarpédon. Il régna sur la cité d’Ainos (qui porta aussi le nom de Poltyobria [Strab. VII, 6, 1] ou de Poltymbria [Étienne de Byzance, α 135 Billerbeck, p. 446.17 Meineke]) et reçut Héraclès lors de sa quête de la ceinture d’Hippolytè ; en partant, Héraclès tua le frère de Poltys, Sarpédon, d’une flèche en raison de ses violences (Apollodore, 2, 5, 9, § 105).

Ainos est le nom d’une ville de Thrace située à l’embouchure de l’Hèbre. Ici il s’agit de l'anthroponyme (Euphorion donne la lignée paternelle) renvoyant suivant toute vraisemblance à l'éponyme de la cité thrace d'Ainos. Cet Ainos, compagnon d'Ulysse, est en effet mentionné par Servius comme faisant l'objet d'un traitement chez Callimaque et Euphorion (on consultera aussi Étienne de Byzance qui fait d'Ainos le frère de Gouneus le Perrhèbe, s.v. Ainos, ce qui est intéressant dans la mesure où l'ethnique «Perrhèbe» était peut-être présent à la ligne 7).

Le changement de nom de la cité d'Ainos est mentionné dans une scholie qui se trouve dans la marge inférieure et se rapporte à la ligne 3 du fragment: ] πρότερον μ(ὲν) Πολτυμβρίαν κ[α]λου/μ(ένην) .[.].αι αὖθι[ς / ἐ]καλεῖτο δ(ὲ) Πολτυμβρία ἀπὸ Πό̩λ̩τυος τ[οῦ] / β[α]σ̩[ι]λ(έως) [ / ] Ἑλλάνικος̩ [FGrHist 4 fr 197 bis] («d'abord nommée Poltymbria [...] après cela; elle s'appelait Poltymbria, du nom du roi Poltys [...] Hellanicos...»). Cette scholie a fait l'objet d'une proposition de reconstitution plus complète par A. Ciampi qui l'interprète de la manière suivante: le poète nomme Ainos la ville qui se nommait auparavant Poltymbria; elle avait été nommée Poltymbria d'après le roi Poltys comme le dit Hellanicos.

Il semble par ailleurs qu’il soit ici question d’un combat : la mention d’un ennemi (v. 4), d’un mort (v. 6) va dans ce sens, ainsi sans doute que la mention de la poussière (?) qui recouvre les pieds (v. 9) après avoir été soulevée du sol par les mouvements de troupe.

Rédacteur du commentaire

É. Prioux

Bibliographie

Le commentaire de ce fragment est en grande partie repris de l'édition dirigée par C. Cusset et B. Acosta-Hughes (notice de C. Cusset et S. Clément-Tarantino). La traduction proposée tient compte de la lecture du terme Perrhèbe à la l. 7.

Pour la lecture des scholies, voir A. Ciampi, «Euforione : testo e scolî in PSI XIV 1390», Comunicazioni dell'Istituto papirologico G. Vitelli. 7, p. 9-28 et pl. 2-5.

Indexation

Personnages(s):

Poltys; Ainos

Mot(s)-clé(s) :

combat; poussière; armée

Comment citer cette notice

Texte n°721 dans CALLYTHEA [En ligne]; http://www.cn-telma.fr/callythea/extrait721/. Première version : 18/05/10. Date de mise à jour : 25/10/12

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